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Mais il n'est pas impossible qu'un quatrième moulin ait été dès
cette époque présent à Noisement : un moulin "à drap et huile" y
est attesté plus tardivement. Le terrier de 1502
conservé à Versailles fait en tout état de cause mention de terre
"entre le moulin de Noisement et le moulin à drap" et contient
l'aveu de Clément Nicolle "foulon demeurant à Chars, pour une
maison, moulin à drap et à huile".
En 1216, Jean de Gisors, seigneur de Chars,
cédait à l'abbaye de Saint-Denis trois pains de froment à prendre
au moulin de Noisement.
Dès le XIIè siècle, le moulin à blé semble établi dans tous les
lieux géographiquement possibles. Lié à la production des farines,
il joue un rôle essentiel dans la vie d'une population dont le pain
est l'aliment de base.
L'alimentation des Vexinois, comme celle des autres Français,
fut jusqu'à une époque récente basée sur le pain. Le meunier était
donc un personnage important, d'autant que tous les moulins
appartenant à des seigneurs, ceux-ci jouissaient du droit dit de
banalités qui obligeait leurs sujets à y faire moudre leurs
grains.
C'est ainsi que jusqu'à la Révolution, les habitants de
Barcagny, du Bellay, de Noisement et de la Grippière relevaient du
moulin de Noisement. Chaque moulin avait donc une aire
d'influence rigoureuse déterminée et il n'était pas question d'y
déroger.
Le service rendu n'était pas gratuit : chaque habitant payait au
meunier un droit de mouture, fixé dans nos trois moulins à 4
pichets par setier de grain moulu.
Le meunier de Noisement avait l'obligation, dans son bail de
1685, de moudre "jusqu'à la perfection" les blés
et grains qui lui seraient confiés.
Les baux comportaient donc, pour le meunier, des droits et des
obligations. Le droit le plus important était le droit de mouture,
assorti de celui de "chasser les moulées, bleds et grains",
c'est-à-dire de collecter les grains dans des secteurs
géographiques autres que le sien. Parfois des privilèges
accompagnaient le bail : le meunier devait contrôler toute la
mécanique du moulin, désignée sous le nom de "tournants,
travaillants et ustensiles" dont l'estimation, ou prisée, devait
être faite à chaque changement de bail par un professionnel.
La rivière et ses berges devaient également faire l'objet d'un
soin attentif. Le bailleur pouvait se réserver des droits et des
privilèges. C'est ainsi que le meunier de Noisement avait au
XVIIè siècle le droit de la "pesche de la mare et
rivière dudit moulin".
Mais les obligations étaient aussi très nombreuses. Les plus
importantes concernaient l'entretien du moulin et de la rivière,
bien entendu. Le meunier était donc tenu d'habiter les lieux ou de
faire habiter les lieux.
Les baux, surtout au XVIIè siècle, étaient payables
majoritairement en argent, mais s'accompagnaient de redevances en
nature, appelés suffrages, sans doute héritées du Moyen-Age. En
1640, on retrouve à Noisement la coutume du gâteau
à livrer la veille des rois, et en 1654,
l'obligation de fournir au seigneur un porc gras.
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Le meunier, par ailleurs, ne se contentait pas de faire tourner
le moulin. C'était aussi un paysan qui devait entretenir et mettre
en valeur les terres et les prés qui en dépendaient, augmentés le
plus souvent de ceux qu'il prenait en fermage pour son propre
compte. C'est ainsi qu'en 1640, le receveur de la
baronnie bailla à Martin Potemain, meunier à Chars, le moulin
"appelé le moulin banal de Noisement, avec la maison, jardin et
lieu plus un petit jardin ; item, jardin, chennevière, terres et
prés entre le moulin à blé et le moulin à huile", plus d'autres
terres.
A Noisement, en 1676, Catherine de Rouget,
procuratrice de "très haut et très puissant seigneur François de
Créquy", baillant pour neuf ans à François Lecomte, marchant
laboureur au Bellay, "la maison, prés, aulnoyes et moulin à eau
faisant de bled farine", lui accorda "la liberté de pescher dans
ladite rivière jusque dans l'estendue et appartenances dudit
moulin, se réservant néanmoins la dame de pescher dans ladite
rivière".
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En juin 1694 meurt Anne Giroult, veuve du
meunier Nicolas Harmand et mère de Pierre et Denis, laboureurs à
Noisement. Un inventaire est dressé le 14 :
"Dans la maison : une crémaillère, un réchaud, une marmite
avec son couvercle, deux moyens chaudrons, une poêle, un poêlon,
une cuiller à pot de fer, quinze livres d'étain commun, deux
méchantes huches de bois "non fermantes à clef", un tour de lit de
toile, un lit de coutil (tissu en coton très serré), huit draps de
toile d'étoupe (sous-produits du lin ou du chanvre), 12 chemises de
toile d'étoupe tant à usage d'homme que de femme, 16 napperons de
même étoffe, un fusil, une serpe, une faux, une bêche.
Dans la chambre au-dessus : un coffre en noyer, 3 chemises,
un méchant drap.
Dans une autre chambre attenante : 1 coffre de noyer, 1
pièce de toile d'étoupe, 1 selle à cheval avec la bride, 3
quartiers d'orge et 3 de seigle, une méchante jupe violette et une
chemise de femme, un muid à gueule bée, un rouet, un saloir, un
vieux bois de lit.
Dans le grenier : 10 bottes de méchant regain.
Dans l'écurie : 3 chevaux de labour, 2 chevaux de poil rouge
dont une cavale due à Pierre Quoniam plus 3 bidets noirs (156
livres en tout).
Dans l'étable à vaches : 3 vaches (80 livres), 18 poules, 4
coqs, 2 petits porcs.
Dans le moulin : un méchant (= sans valeur) lit de plume et
un fusil.
Dans la grange : une échelle et un van.
Dans la bergerie : 35 brebis et agneaux.
Dans la cour : un fourgon, une charrue, une paire de roues,
deux foufières, un cuvier.
Terres : 15 arpents en seigle, bis et méteil ; 6 en avoine
et pois, 5 en orge, 10 labourés d'un labour et un de
fumé."
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